Le vieillissement des paupières supérieures
se caractérise principalement par un excédent de peau
qui retombe jusqu’à quelquefois toucher les cils. On
peut aussi trouver une poche de graisse dans le coin interne de
l’œil. Celui de la paupière inférieure
se caractérise par un excédent cutanée mais
aussi par la présence fréquente de poches de graisse
qui aggravent l’air fatigué du visage même si
le patient est bien reposé ; ces poches sont souvent plus
gonflées au réveil de par un mauvais drainage lymphatique
de cette zone. Enfin, la patte d’oie, au coin externe de l’œil
est une zone où la peau est plissée lors du sourire
et au repos et qui résulte d’une contraction du muscle
orbiculaire.
La chirurgie (blépharoplastie) permet d’enlever l’excédent
cutané (sans exagérer), d’éliminer les
poches graisseuses ou de les répartir uniformément
(notamment afin d’éviter l’effet œil creux
ou cernes sombres) et de repositionner le muscle orbiculaire.
La cicatrice supérieure se cache dans le pli naturel de la
paupière et l’inférieure passe au ras des cils.
Les deux peuvent se prolonger à l’extrémité
sur la patte d’oie. La finesse et la qualité de la
peau des paupières permettent une disparition très
rapide des cicatrices. Il est à noter qu’il est possible
d’opérer une personne jeune présentant des poches
importantes (origine familiale) en passant par voie conjonctivale
(par l’intérieur de la paupières) ce qui permet
de n’avoir aucune cicatrice visible.
Temps opératoire : de 45 mn à 1H30
Une anesthésie locale seule (comme chez le dentiste) est
possible quand on ne traite que les paupières supérieures
ou que les inférieures.
Une anesthésie sédative est fortement conseillée
quand on opère à la fois en haut et en bas ; dans
les 2 cas, un pansement léger fait de stéristrips
est appliqué sur les cicatrices et les points sont enlevés
4 jours après l’intervention.
L’application de lunettes «gel» (qui se refroidissent
au frigo) pendant 48 heures peut aider à limiter les hématomes
et oedèmes.
Les "blépharoplasties" désignent les interventions
de chirurgie esthétique des paupières qui visent à
supprimer les disgrâces présentes, qu'elles soient
héréditaires ou dues à l'âge.
Elles peuvent concerner uniquement les deux paupières supérieures
ou inférieures, ou encore les quatre paupières à
la fois.
Une blépharoplastie peut être réalisée
isolément ou être associée à une autre
intervention de chirurgie esthétique du visage (lifting frontal,
lifting temporal, lifting cervico-facial), voire une thérapeutique
médico-chirurgicale (laserbrasion, peeling, dermabrasion).
Ces actes sont susceptibles d'être effectués au cours
de la même intervention ou lors d'un deuxième temps
opératoire.
Objectifs
Une blépharoplastie se propose de corriger les signes de
vieillissement présents au niveau des paupières et
de remplacer l’aspect "fatigué" du regard
par une apparence plus reposée et détendue.
Les disgrâces les plus communément en cause sont les
suivantes :
• Paupières supérieures lourdes et tombantes,
avec excès de peau formant un repli plus ou moins marqué,
• Paupières inférieures affaissées et
flétries, avec petites rides horizontales consécutives
à la distension cutanée,
• Hernies de graisse, responsables de "poches sous les
yeux" au niveau des paupières inférieures ou
de paupières supérieures "bouffies".
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Avant |
Après |
Principes
L'intervention vise à corriger ces disgrâces de façon
durable, en supprimant chirurgicalement les excès cutanés
et musculaires ainsi que les protrusions graisseuses, et ce, bien
sûr, sans altérer les fonctions essentielles des paupières.
Il faut noter que de nombreuses autres altérations peuvent
être présentes, mais que leur traitement n'est possible
qu'en utilisant des techniques plus complexes qu'une simple blépharoplastie
classique, ou en ayant recours à des procédés
chirurgicaux complémentaires. Il en va ainsi de l'affaissement
du front et de la chute des sourcils, des rides "du lion"
entre les sourcils, des rides "de la patte d'oie" au coin
des yeux, des "cernes", des yeux "creux", des
yeux "tristes" avec coin des yeux tombants, ainsi que
des petites imperfections de surface de la peau (cicatrices, taches…).
L'intervention, pratiquée aussi bien chez la femme que chez
l'homme, est couramment effectuée dès la quarantaine.
Toutefois, elle est parfois réalisée beaucoup plus
précocément, lorsque les disgrâces sont constitutionnelles
(facteurs héréditaires) et non pas liées à
l'âge, comme certaines "poches graisseuses".
Avant l'intervention
Un interrogatoire suivi d'un examen des yeux et des paupières
aura été réalisé par le chirurgien à
la recherche d'anomalies pouvant compliquer l'intervention, voire
la contre-indiquer.
Un examen ophtalmologique spécialisé sera fréquemment
demandé en complément afin de dépister une
éventuelle pathologie oculaire.
Un bilan pré-opératoire est réalisé
conformément aux prescriptions.
Le médecin anesthésiste sera vu en consultation au
plus tard 48 heures avant l’intervention.
Aucun médicament contenant de l’aspirine ne devra être
pris dans les 10 jours précédant l’intervention.
En fonction du type d'anesthésie, on pourra vous demander
de rester à jeûn (ne rien manger ni boire) 6 heures
avant l'intervention.
Types d'anesthésie et
modalités d'hospitalisation
Type d'anesthésie
Trois procédés sont envisageables :
• Anesthésie locale pure, où un produit analgésique
est injecté localement afin d'assurer l'insensibilité
des paupières.
• Anesthésie locale approfondie par des tranquillisants
administrés par voie intra-veineuse (anesthésie "
vigile ").
• Anesthésie générale classique, durant
laquelle vous dormez complètement.
Le choix entre ces différentes techniques sera le fruit d'une
discussion entre vous, le chirurgien et l'anesthésiste.
Modalités d’hospitalisation
L'intervention peut se pratiquer en "ambulatoire", c'est-à-dire
avec une sortie le jour même après quelques heures
de surveillance.
Toutefois, dans certains cas, une courte hospitalisation peut être
préférable. L'entrée s'effectue alors le matin
(ou parfois la veille dans l'après-midi) et la sortie est
autorisée dès le lendemain.
L'intervention
Chaque chirurgien adopte une technique qui lui est propre et qu'il
adapte à chaque cas pour obtenir les meilleurs résultats.
Toutefois, on peut retenir des principes de base communs.
Incisions cutanées
• Paupières supérieures: elles sont dissimulées
dans le sillon situé à mi-hauteur de la paupière,
entre la partie mobile et la partie fixe de la paupière.
• Paupières inférieures: elles sont placées
1 à 2 mm sous les cils, et peuvent se prolonger un peu en
dehors.
Le tracé de ces incisions correspond bien sûr à
l'emplacement des futures cicatrices, qui seront donc dissimulées
dans des plis naturels.
Remarque: Pour les paupières inférieures, en cas de
"poches" isolées (sans excès de peau à
enlever), on pourra réaliser une blépharoplastie par
voie trans-conjonctivale, c'est à dire utilisant des incisions
placées à l'intérieur des paupières
et ne laissant donc aucune cicatrice visible sur la peau.

Résections
A partir de ces incisions, les hernies graisseuses inesthétiques
sont retirées et l'excédent de muscle et de peau relâchés
est supprimé. A ce stade, de nombreux raffinements techniques
peuvent être apportés, pour s'adapter à chaque
cas et en fonction des habitudes du chirurgien.
Sutures
Elles sont réalisées avec des fils très fins,
habituellement non résorbables (à retirer après
quelques jours).
En fonction du chirurgien, du nombre de paupières à
opérer, de l'ampleur des améliorations à apporter,
et de la nécessité éventuelle de gestes complémentaires,
l'intervention peut durer de une demi-heure à deux heures.
Les suites opératoires
Il n'y a pas de véritables douleurs, mais éventuellement
un certain inconfort avec une sensation de tension des paupières,
une légère irritation des yeux ou quelques troubles
visuels.
Les premiers jours il faut se reposer au maximum et éviter
tout effort violent.
Les suites opératoires sont essentiellement marquées
par l'apparition d'un œdème (gonflement) et d'ecchymoses
(bleus) dont l'importance et la durée sont très variables
d'un individu à l'autre.
On observe parfois durant les premiers jours une impossibilité
de fermer totalement les paupières ou un léger décollement
de l'angle externe de l'œil qui ne s'applique plus parfaitement
sur le globe. Il ne faudra pas s'inquiéter de ces signes
qui sont en règle rapidement réversibles.
Les fils sont retirés entre le 3ème et le 6ème
jour après l’intervention.
Les stigmates de l'intervention vont s'atténuer progressivement,
permettant le retour à une vie socio-professionnelle normale
après quelques jours (6 à 20 jours selon l'ampleur
des suites).
Les cicatrices peuvent rester un peu rosées durant les premières
semaines, mais leur maquillage est rapidement autorisé (habituellement
dès le 7ème jour).
Une légère induration des zones décollées
peut persister quelques mois, mais n'est pas perceptible par l'entourage.
Le résultat
Un délai de 3 à 6 mois est nécessaire pour
apprécier le résultat. C'est le temps nécessaire
pour que les tissus aient retrouvé toute leur souplesse et
que les cicatrices se soient estompées au mieux.
L'intervention aura le plus souvent permis de corriger le relâchement
cutané et de supprimer les hernies graisseuses, rectifiant
ainsi l'aspect vieilli et fatigué du regard.
Les résultats d'une blépharoplastie sont en règle
générale parmi les plus durables de la chirurgie esthétique.
L’ablation des "poches" est pratiquement définitive,
et ces dernières ne récidivent habituellement jamais.
La peau par contre, continue à vieillir et la laxité
en résultant peut, à la longue, reproduire le plissement
des paupières. Pour autant, il est rare qu'une nouvelle intervention
soit envisagée avant une douzaine d'années.
Les imperfections de résultat
Elles peuvent résulter d'un malentendu concernant ce que
l'on peut raisonnablement espérer. Il en est ainsi de l'affaissement
du front et la chute des sourcils qui ne peuvent être corrigés
que par un lifting fronto-temporal.
Elles peuvent aussi survenir du fait de réactions tissulaires
inattendues ou de phénomènes cicatriciels inhabituels.
On peut ainsi voir persister une partie des altérations (fines
ridules en particulier) ou obtenir un œil un peu trop creux
(rebord osseux de l'orbite visible) ou observer une légère
rétraction vers le bas des paupières inférieures,
ou encore déceler une petite asymétrie ou des cicatrices
un peu trop "blanches".
Ces imperfections peuvent être corrigées, le cas échéant,
par une petite "retouche" qui se fera la plupart du temps
sous simple anesthésie locale, à partie du 6ème
mois après l'intervention initiale.
Les complications envisageables
Une blépharoplastie, bien que réalisée pour
des motivations essentiellement esthétiques, n'en reste pas
moins une véritable intervention chirurgicale ce qui implique
les risques liés à tout acte médical, aussi
minime soit-il.
Il faut distinguer les complications liées à l’anesthésie
de celles liées au geste chirurgical.
En ce qui concerne l’anesthésie, lors de la consultation,
le médecin anesthésiste informera lui-même le
patient des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie
induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles,
et plus ou moins faciles à maîtriser : le fait d’avoir
recours à un Anesthésiste parfaitement compétent,
exerçant dans un contexte réellement chirurgical fait
que les risques encourus sont devenus statistiquement presque négligeables.
Il faut savoir, en effet, que les techniques, les produits anesthésiques
et les méthodes de surveillance ont fait d’immenses
progrès ces vingt dernières années, offrant
une sécurité optimale, surtout quand l’intervention
est réalisée en dehors de l’urgence et chez
une personne en bonne santé.
En ce qui concerne le geste chirurgical : en choisissant un Chirurgien
Plasticien qualifié et compétent, formé à
ce type d’intervention, vous limitez au maximum ces risques,
sans toutefois les supprimer complètement.
Heureusement, les vraies complications sont rares à la suite
d'une blépharoplastie réalisée dans les règles.
En pratique, l'immense majorité des interventions se passe
sans aucun problème et les patient(e)s sont pleinement satisfait(e)s
de leur résultat.
Pour autant, et malgré leur rareté, vous devez quand
même connaître les complications possibles :
• Hématomes : la plupart du temps sans gravité,
ils peuvent être évacués s'ils sont trop importants.
• Infection : exceptionnelle lors d'une blépharoplastie,
à part quelques rares micro-abcès développés
sur un point de suture et facilement traités par de petits
soins locaux. Une simple conjonctivite sera prévenue par
la prescription systématique de collyres les premiers jours.
• Anomalies de cicatrisation : très rares au niveau
des paupières où la peau, très fine, cicatrise
habituellement de façon quasiment invisible, il peut toutefois
arriver que les cicatrices ne soient pas, à terme, aussi
discrètes qu'escompté.
• Kystes épidermiques : ils peuvent apparaître
le long des cicatrices ; s'éliminent souvent spontanément,
sinon sont faciles à enlever et ne compromettent pas la qualité
du résultat final.
• Lésions de la surface oculaire : souvent accidentelles,
elles sont habituellement sans gravité et, correctement traitées,
régressent rapidement et sans séquelles.
• Chémosis (œdème de la conjonctive qui
prend un aspect gélatineux) : assez rare après une
blépharoplastie simple, sa disparition peut prendre une à
trois semaines.
• Troubles de la sécrétion des larmes : un larmoiement
persistant est plus rare qu'un "syndrome d'œil sec"
qui vient parfois décompenser un déficit en larmes
préexistant.
• Ptosis (difficulté à ouvrir complètement
la paupière supérieure) : très rare, sauf au-delà
de 70 ans où un déficit préexistant peut parfois
être majoré par l'intervention.
• Lagophtalmie (impossibilité de fermer complètement
la paupière supérieure) : possible les tous premiers
jours suivant l'intervention, sa persistance au-delà de quelques
semaines ne devrait pas se rencontrer.
• Ectropion (rétraction vers le bas de la paupière
inférieure) : la forme majeure est rarissime au décours
d'une blépharoplastie correctement réalisée.
La forme mineure ("œil rond") survient parfois sur
des paupières peu toniques soumises à une rétraction
cicatricielle intempestive ; elle finit la plupart du temps par
s'estomper après quelques semaines de massages pluriquotidiens
destinés à assouplir la paupière.
• Enfin, des cas tout à fait exceptionnels de diplopie
(vision double), de glaucome (hypertension oculaire) et même
de cécité après blépharoplasties, ont
été rapportés dans la littérature scientifique
internationale.
Au total, il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement
prendre conscience qu'une intervention chirurgicale, même
apparemment simple, comporte toujours une petite part d'aléas.
Le recours à un Chirurgien Plasticien qualifié vous
assure que celui-ci a la formation et la compétence requises
pour savoir éviter ces complications, où les traiter
efficacement le cas échéant.